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Aujourd'hui, je suis allée voir l'avocat(e) en consultation gratuite à l'un des services d'aide sociale de la mairie de mon arrondissement, accompagnée de la charmante madame Kitayama qui avait arrangé le rendez-vous en faisant en sorte que nous l'ayons assez vite. Elle avait - bien - pensé que c'était la meilleure manière d'avoir les renseignements concernant procuration, tutelle, reversement de pension de retraite etc au Japon. Parce que je n'étais au courant de rien, et je trouve que ça devenait urgent de me renseigner. Et ne pas tarder à faire les procurations pendant que c'est possible.

Donc, ce que j'ai appris:
  • * Il existe quelque chose de similaire à une procuration générale. Ça s'appelle: <<zaïsan kanri itaku keiyaku>> 財産管理委託契約 On fait cela à un service municipal qui s'appelle <<koshô yakuba>> 公証役場 devant <<kôshônin>> 公証人, une sorte de notaire je pense. Cette démarche concerne donc tous les biens d'une manière générale. Coût de l'opération: 12.000¥ ou un peu plus. Bien sûr, il faut se présenter à deux: et celui qui donne procuration et le bénéficiaire.
  • * En général, on propose de faire en même temps un document par lequel le conjoint déclare donner tout droit à l'autre personne même s'il n'est pas lui-même en état de prendre des décisions. En fait il s'agit d'une démarche préliminaire à une mise sous tutelle. Mais pour pouvoir être activé le jour où il y en a besoin parce que le conjoint n'est pas simplement grabataire mais aussi pas conscient, ce doit être validé par l'étude du dossier qui comporte en particulier les certificats médicaux. La réponse demande environ 3 semaines. Faire ce papier en même temps que celui de la procuration générale n'apporte pas grand chose d'autre qu'inquiéter l'autre si je pense à un cas comme celui de mon mari qui ne sait peut-être pas ce qu'il risque de devenir, et j'évite qu'il le sache trop… En effet, il y a ces démarches complémentaires à faire, avec le délai d'examen du dossier, ce qui revient finalement au même que faire la démarche à zéro le jour où elle se révèle nécessaire. On m'a précisé qu'en cas de vraie urgence, la procédure peut être accélérée.
    Ce document s'appelle <<nin i kôken keyaku>> 任意後見契約. Celui-là, a priori, je ne le demanderai pas, à moins que ça se fasse de façon naturelle sur le moment (simplification des démarches, peut-être, le jour où ce serait nécessaire, si ce jour se présente).
  • * N.B: les couples franco-japonais résidant en France devraient vérifier les démarches possibles en étant en France; ce qui peut être fait au consulat ou non. Ils ne sont concernés que s'ils ont des biens au Japon. Les biens en France, la législation française
  • * J'ai appris aussi qu'il y avait reversement de la pension de retraite au conjoint survivant, entre 60 et 80%. Dans le cas de la retraite minimale (que j'appellerais RMiste, celle de mon mari) qu'est la retraite municipale (kokumin hôken) ce serait en principe 100% étant donné que ça correspond au "minimum de (sur)vie". Le fait que je sois étrangère n'est pas un obstacle à cette mesure.
Maintenant, je dois dès demain m'occuper de prendre rendez-vous au consulat pour vérifier quelques points concernant procuration pour bien immobilier et concernant aussi les donations…

Pas très rigolot, mais tout cela doit être fait…
Mercredi 8 février 2006
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Dans les renseignements donnés l'autre jour, (voir ici) il y a finalement des points qui sont encore à définir plus précisément. J'ai peut-être fait de petites erreurs dans le choix des équivalences dans le système français. Ce qui m'a permis de mieux m'en rendre compte, c'est une conversation (téléphonique, assez longue) avec quelqu'un du consulat.

Procuration, procuration générale (est-ce que ça existe vraiment?), curatelle, mise sous tutelle… les recoupements des 2 systèmes sont-ils exacts? Quel élément japonais correspond à quel élément français???…

En tout cas, de cette conversation il resort:
  1. Prendre rendez-vous avec quelqu'un du tribunal familial (kateisaibansho) à Kasumigaseki pour avoir des précisions qui manquent encore sur le contenu exact de chacune des solutions déjà présentées dans un article précédent.
  2. Du fait que je réside à l'étranger, le plus simple est que le jour où j'aurai l'un ou l'autre de ces documents, je pourrai le présenter au consulat pour que les démarches soient faites de la validation côté français aussi, que j'obtienne l'équivalence…
Affaire à suivre…
Mercredi 15 février 2006
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Je propose à votre réflexion, et à vos réactions, cet extrait d'un article du journal Le Point. Précision nécessaire: c'est moi qui souligne…

On n'oubliera pas que le facteur héréditaire est rare: à peine 10% des cas; ni qu'un facteur sociculturel favorable ne garantit pas d'y échapper, nous sommes nombreux à tristement le savoir…

UN FORMIDABLE ENJEU DE SANTÉ PUBLIQUE

Résultat, en 2001, on comptait, en France, 435 000 personnes (3 millions en Europe) atteintes de la pathologie d'Alzheimer, auxquelles viennent s'ajouter chaque année entre 90 000 et 100 000 nouveaux cas. Dès lors, compte tenu des décès dans les tranches d'âge élevées, qui comprennent aussi le plus grand nombre d'alzheimers, on estime qu'en 2010 il y aura dans l'Hexagone 500 000 malades. Le pire est à venir.

La progression du mal, dont la courbe suit, en parallèle, celle du vieillissement de la population, est un formidable enjeu de santé publique, une sombre perspective pour la Sécurité sociale et un défi pour la cohésion familiale et sociale. Les laboratoires pharmaceutiques ne s'y trompent pas. Ils investissent des sommes colossales dans la recherche de nouveaux médicaments, espérant de considérables retours sur investissement. Pour l'instant, il faut être clair, aucune des molécules qui sont sur le marché ne guérissent ces malades. Ces remèdes permettent seulement - et ce n'est déjà pas si mal ! - de retarder l'apparition des symptômes, donc de mieux vivre ce vieillissement pathologique du cerveau (voir l'interview du professeur Françoise Forette, p. 15).

Même si des cas, très rares, de maladie d'Alzheimer précoce ont été signalés, l'affection débute, en général, après 70 ans, et sa prévalence ne cesse d'augmenter avec l'âge en touchant, à peu près à égalité, hommes et femmes. Et si les femmes actuellement alzheimer sont effectivement plus nombreuses que les hommes, c'est parce qu'elles vivent plus vieilles.

Selon l'étude la plus complète, réalisée sur quarante ans aux Etats-Unis dans la ville de Rochester (Minnesota), il faut s'attendre à voir apparaître, pour 100 000 personnes, 4 nouveaux cas dans la tranche des 30-59 ans ; toujours pour 100 000 personnes, 95 cas chez les 60-69 ans ; et 530 chez les 70-79 ans. Pour les personnes âgées de plus de 80 ans, on enregistrera annuellement 1 430 patients nouveaux. Si l'on ajoute à la maladie d'Alzheimer les autres démences séniles (voir encadré ci-dessous), il apparaît que, dans une large proportion, les centenaires n'ont plus toute leur tête... Or, on estime que de 7 000 aujourd'hui en France le nombre des centenaires devrait atteindre 150 000 au milieu du siècle nouveau.

L'âge, s'il joue globalement un rôle déterminant dans la survenue de la maladie, n'est pas le seul facteur de risque. Il existe ainsi des familles où le nombre de personnes développant la maladie est statistiquement plus élevé que dans la population générale. Autrement dit, le risque, pour une personne donnée, de développer le mal est plus grand si un parent a déjà été atteint. Deux causes possibles à ce phénomène dit de « concentration familiale » d'alzheimer : l'environnement et/ou la génétique. Effectivement, en 1991, une équipe londonienne, dirigée par John Hardy, est parvenue à identifier un premier gène muté impliqué dans les formes familiales du mal. Or ce gène, dénommé APP (pour amyloid precursor protein), commande la production dans l'organisme de la protéine amyloïde qui joue un rôle - mais lequel ? mystère - dans la croissance des neurones, ces cellules nerveuses qui sont l'élément de base du câblage du cerveau. Depuis, d'autres gènes ont été découverts qui pourraient être impliqués dans la forme familiale de la maladie d'Alzheimer. Ils se transmettent aussi bien chez les filles que chez les garçons et sont dominants, c'est-à-dire qu'il suffit d'en recevoir d'un seul de ses parents pour être touché. Ces formes familiales avec transmission dominante sont exceptionnelles. Elles ne sont observées que dans moins de 20 % des cas à début précoce, parfois dès la trentaine. Trois mutations génétiques ont déjà été identifiées. Elles portent sur le gène du précurseur de l'amyloïde, contenu par le chromosome 21, le gène de la préséniline 1, situé sur le chromosome 14, et le gène de la préséniline 2, situé sur le chromosome 1.

Mais, au côté des gènes, l'environnement, et en particulier l'environnement socioculturel, reste un facteur déterminant dans la survenue de la maladie. En fait, comme c'est le cas pour de nombreuses maladies, et en particulier les maladies neurodégénératives, Alzheimer est un mal polyfactoriel. Autrement dit, si la génétique y prédispose à des degrés divers, l'environnement dispose.

Comme l'avait tout de suite compris Alois Alzheimer, en examinant sa fameuse patiente Auguste D. le 27 novembre 1901, la maladie à laquelle son nom est définitivement associé se caractérise par un ensemble de troubles qui affectent la mémoire. Ou plutôt, à des degrés divers, les différents types de mémoire. En un siècle en effet, sans en avoir percé tous les mystères, les psychologues et les neurologues ont tout de même passablement avancé dans la compréhension de la mémoire, faculté essentielle à la conscience.>> Fin de citation de l'article.




Jeudi 23 février 2006
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Je ne sais plus trop si j'ai déjà dit ici que le centre d'aide à l'accompagnement (kaigo center; le terme officiel est beaucoup plus long et compliqué), service municipal, m'avait amenée à faire la demande d'aide en mon propre nom, pour être, moi, aidée.

D'après ce qu'on m'avait dit, ça me permettrait d'avoir de l'aide pour la paperasserie en japonais, ce qui était mon souci. Jusque il y a peu, je m'occupais de tout ce qui était côté français et mon mari de à peu près tout ce qui était du côté japonais. Maintenant, il faut que j'assume tout. Tout ces trucs sont pas toujours évident à comprendre pour quelqu'un pas au niveau pour le japonais écrit, la peur de faire des bêtises, la crainte des effets de la fatigue, etc etc, le jour où nous sommes allées au "katei saibansho" (tribunal familial) pour prendre des renseignements, j'ai signé le papier de demande d'adhésion.

La semaine dernière, j'avais rendez-vous avec la personne en charge de mon dossier pour la suite de la procédure. Elle avait beaucoup de questions à me poser pour l'enquête préliminaire. Du genre qu'est-ce que j'attends du service social? Les revenus? Le logement? Depuis quand j'habite dans l'arrondissement (27 ans, ça joue en notre faveur, avec tous les impôts que j'ai versés!!!)? Est-ce que je suis inquiète pour mon avenir santé (oui, terriblement, l'impression moi aussi d'être atteinte, des angoisses, on me dit toujours que c'est commun à ceux qui accompagnent l'une ou l'autre de ces maladies dégénératives…) etc etc. Le tout noté bien sûr. Le dossier devait ensuite être soumis pour approbation. Je sais maintenant que ces services sont en fait de la mairie de Tokyo (société verticale, tate shakai) qui dispatche à chaque arrondissement.

Aujourd'hui, rendez-vous final de la démarche. La jeune femme célibataire qui s'occupe de moi dans le cadre de ce service était là avec le contrat dont elle m'a soigneusement tout lu et j'en profitais pour noter la façon de lire tous ces kanjis compliqués (j'en fais, des progrès, en ce moment! ou du moins j'en ferais si j'avais plus de mémoire). Et j'ai signé à la japonaise, en apposant mon sceau (j'aime cette expression qui fait un peu roman historique).

Et bien en fait, j'ai droit à un service ultra complet si je veux!!! je peux vieillir tranquille, il y aura au moins ces personnes pour s'occuper de moi, pour faire toutes les démarches à ma place! et tout et tout!

Du coup, en même temps que j'écris, il me vient une pensée: j'étais persuadée que le jour où mon mari ne serait plus là, je n'aurais qu'une chose à faire, rentrer en France. Trop compliqué pour moi ici toute seule. Et finalement… est-ce que je serais si entourée et aidée que ça, en France? en France où je ne vis plus depuis 36 ans ou 37 ans??? Bien difficile tout ça.

En tout cas, je ne sais pas si mes éventuels lecteurs sont conscients de l'ironie de la situation: qui actuellement à la maison a véritablement besoin du genre de service social assez complet en question??? Ne serait-ce pas plutôt mon mari???

Et il va être délicat, diffile de lui en parler, de l'amener à ça. Il ne veut pas admettre certaines réalités de la situation. Et si je voulais l'en rendre plus conscient, ce serait cruel, en quelque sorte.

Ça ne va pas ête facile de trouver la bonne façon et le bon moment de lui en parler. Selon la seconde à laquelle je m'adresserai à lui, ce sera "Ah! oui… peut-être oui… pas une mauvaise idée…" ou bien au contraire "Et puis quoi encore! je ne suis pas débile à ce point! pour quoi te me prends" etc.

Il faudra pourtant bien y arriver.




Jeudi 13 avril 2006
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